Pendant les premières semaines, mon système avait le droit d'écrire partout dans mon vault. Techniquement, ça marchait. Dans les faits, j'ai arrêté de lui faire confiance en quatre jours, non pas parce qu'il se trompait souvent, mais parce que je ne savais plus ce qui venait de moi.
Le principe : une zone libre, le reste sous validation
Le système peut créer autant de notes qu'il veut dans 00-Inbox/. C'est une
zone que je relis, que je vide, et dont je sais que rien n'y est définitif.
Toute autre opération, modifier une note existante, la déplacer dans
l'arborescence, publier, envoyer un mail, écrire dans un outil tiers, s'arrête
sur un point de contrôle.
Périmètre d'écriture
L'Inbox, et rien d'autre. Le système y dépose, je trie.
Modifier, déplacer, fusionner une note déjà classée.
Publier, envoyer, écrire dans un outil tiers.
Ce que j'ai essayé avant d'en arriver là
Deux approches, deux échecs utiles.
Écriture libre partout, corrections après coup
Le système reformulait des notes que je n'avais pas demandé à toucher. Rien de grave, mais chaque relecture devenait une vérification, le contraire du gain espéré.
Validation sur tout, y compris la capture
L'inverse : plus rien ne se faisait sans moi. Le système devenait un formulaire coûteux, et je le contournais au bout de trois jours.
Le bon point d'arrêt n'est pas « avant chaque action », c'est « avant chaque action irréversible ».
La règle en pratique
Trois questions suffisent à classer n'importe quelle opération.
| Opération | Réversible ? | Régime |
|---|---|---|
| Créer une note dans l'Inbox | Oui, je la supprime | Libre |
| Réécrire une note classée | En théorie (git) | Validation |
| Publier ou envoyer | Non | Jamais seul |
Ce que ça change chez un client
C'est la première chose qu'on écrit au cadrage, avant toute construction. Pas parce que c'est prudent, mais parce que c'est la seule façon d'obtenir un système que l'équipe utilise encore dans six mois. Un système qui a effacé une donnée sans prévenir ne se rattrape pas.
- La zone libre est choisie par le client, pas par moi : c'est lui qui sait ce qu'il accepte de relire.
- Les points de validation apparaissent dans les runbooks, avec la conduite à tenir quand le système s'arrête.
- Le jeu de tests vérifie les interdits, pas seulement les résultats attendus.
Ce que la règle coûte
Elle coûte du temps de relecture : l'Inbox se remplit, et personne ne la vide à ma place. Elle coûte aussi des automatisations séduisantes que je ne construis pas. En échange, je n'ai jamais eu à défaire quoi que ce soit, et c'est ce qui fait que le système tourne encore.